L’étude thermique RE2020 est une étape incontournable dans la conception d’un bâtiment neuf. Bien réalisée, elle permet de vérifier que le projet répond aux exigences de la réglementation environnementale tout en aidant à faire les bons choix techniques avant le début des travaux.
Pourtant, certains projets rencontrent des difficultés qui auraient pu être évitées avec une meilleure préparation. Informations incomplètes, modifications en cours de chantier, choix techniques incompatibles… Les erreurs ne sont pas rares et peuvent entraîner des retards, des mises à jour de l’étude ou des ajustements parfois coûteux.
Bonne nouvelle : la plupart de ces situations peuvent être anticipées. Voici les erreurs les plus fréquentes lors d’une étude thermique RE2020 et les bonnes pratiques pour les éviter.
Commencer l’étude avec un projet encore trop imprécis
L’une des erreurs les plus courantes consiste à lancer l’étude thermique alors que le projet n’est pas suffisamment défini.
À ce stade, certains choix restent parfois en attente : type de chauffage, caractéristiques des menuiseries, isolation, système de ventilation ou encore matériaux de construction.
Le bureau d’études peut travailler avec des hypothèses lorsque cela est nécessaire, mais plus les informations sont précises dès le départ, plus les résultats seront fiables.
Un projet bien préparé limite les mises à jour successives et facilite le respect du calendrier.
Fournir des plans incomplets ou non actualisés
Les plans constituent la base de toute étude thermique RE2020.
Si les dimensions, les ouvertures ou l’organisation des pièces évoluent sans que le bureau d’études en soit informé, les calculs réalisés peuvent rapidement ne plus correspondre à la réalité.
Il est donc essentiel de transmettre les dernières versions des plans et de signaler toute modification importante, même lorsqu’elle semble mineure.
Quelques centimètres ajoutés à une baie vitrée ou une extension de surface peuvent parfois modifier certains résultats réglementaires.
Modifier les équipements après la réalisation de l’étude
Il arrive qu’un projet évolue au fil du chantier.
Par exemple, un maître d’ouvrage peut décider de remplacer un système de chauffage initialement prévu par un autre modèle, ou choisir des menuiseries différentes de celles intégrées dans les calculs.
Ces changements sont tout à fait possibles, mais ils nécessitent généralement une mise à jour de l’étude thermique afin de vérifier que le bâtiment reste conforme à la réglementation.
Ignorer cette étape peut conduire à des écarts entre le projet étudié et le bâtiment effectivement construit.
Sous-estimer l’importance de l’isolation
L’isolation joue un rôle majeur dans les performances énergétiques d’une construction.
Choisir un isolant moins performant que celui prévu dans l’étude, modifier son épaisseur ou remplacer certains matériaux sans vérification préalable peut avoir des conséquences sur les résultats obtenus.
Avant toute modification, il est donc préférable de consulter le bureau d’études afin d’évaluer son impact sur la performance globale du bâtiment.
Négliger l’orientation et les apports solaires
L’implantation d’une maison sur son terrain influence directement son comportement thermique.
L’orientation des façades, la taille des ouvertures ou encore les protections solaires participent au confort des occupants et aux performances énergétiques.
Une conception qui ne tient pas suffisamment compte de ces paramètres peut compliquer l’atteinte des objectifs fixés par la RE2020, notamment en matière de confort d’été.
C’est pourquoi ces éléments sont étudiés dès les premières phases du projet.
Oublier que tous les éléments du bâtiment sont liés
Une autre erreur consiste à considérer séparément chaque composant de la maison.
En réalité, la RE2020 évalue le bâtiment dans son ensemble.
L’isolation, les fenêtres, la ventilation, le chauffage et l’architecture interagissent entre eux. Améliorer un seul élément ne garantit pas nécessairement une meilleure performance globale.
C’est précisément le rôle du bureau d’études de trouver le bon équilibre entre tous ces paramètres.
Mal interpréter les résultats de l’étude
Il arrive que certains maîtres d’ouvrage s’inquiètent lorsqu’un indicateur ne respecte pas immédiatement les seuils réglementaires.
En réalité, une première version de l’étude sert souvent à identifier les points perfectibles.
Le bureau d’études propose alors différentes solutions techniques afin d’améliorer les performances avant de finaliser le projet.
Il est donc tout à fait normal qu’une étude évolue au fil des échanges avec les autres intervenants.
Porter une attention particulière au BBio
Parmi les indicateurs réglementaires, le besoin bioclimatique, souvent appelé BBio, occupe une place importante.
Les erreurs BBio proviennent fréquemment d’une combinaison de plusieurs facteurs : orientation peu favorable, surfaces vitrées inadaptées, isolation insuffisante ou conception architecturale peu optimisée.
Plutôt que de chercher une solution unique, il est généralement plus efficace d’améliorer progressivement plusieurs aspects du projet afin d’obtenir un meilleur équilibre global.
Attendre le début du chantier pour vérifier la conformité
L’une des erreurs les plus coûteuses consiste à repousser certaines vérifications techniques après le démarrage des travaux.
Lorsqu’une non-conformité est détectée à ce stade, les modifications peuvent être plus complexes à mettre en œuvre.
À l’inverse, une étude réalisée suffisamment tôt permet d’identifier les ajustements nécessaires avant que les choix constructifs ne soient définitivement arrêtés.
Cette anticipation représente souvent un véritable gain de temps et de budget.
Travailler sans échange régulier avec le bureau d’études
Une étude thermique ne doit pas être considérée comme un document figé.
Tout au long du projet, le dialogue entre le maître d’ouvrage, l’architecte, le constructeur et le bureau d’études reste essentiel.
Informer rapidement le bureau d’études de chaque évolution permet d’actualiser les calculs si nécessaire et d’éviter les mauvaises surprises au moment des contrôles réglementaires.
Cette collaboration contribue directement à la réussite du projet.
Comment éviter ces erreurs ?
Quelques réflexes simples permettent de sécuriser une étude thermique dès le début du projet :
- Transmettre des plans complets et à jour ;
- Communiquer les caractéristiques des matériaux et des équipements retenus ;
- Signaler toute modification avant sa mise en œuvre ;
- Réaliser l’étude suffisamment tôt dans la conception ;
- Maintenir un dialogue régulier avec le bureau d’études tout au long du projet.
Ces bonnes pratiques limitent les reprises de calculs et facilitent l’obtention d’une conformité RE2020.
En résumé
Les erreurs d’étude thermique proviennent rarement d’un seul élément. Elles résultent le plus souvent d’informations incomplètes, de modifications non signalées ou de choix techniques effectués sans réévaluation des performances du bâtiment.
Une étude thermique RE2020 réalisée dès la conception, associée à des échanges réguliers avec le bureau d’études, permet d’anticiper ces difficultés et d’optimiser le projet avant le début des travaux. En prêtant une attention particulière aux indicateurs réglementaires, notamment au BBio, et en veillant à la cohérence de l’ensemble des choix constructifs, il devient beaucoup plus simple d’atteindre la conformité RE2020 dans de bonnes conditions.





















